Ecrire un roman historique
- Bérénice Vessot
- 22 oct. 2025
- 5 min de lecture
Ou comment faire un saut dans le passé ?
Je fais partie de ces lecteurs qui trouvent les romans historiques fascinants. Pourquoi ? Car j’aime me représenter le monde tel qu’il était avant. J’aime découvrir des vies antérieures, rencontrer des personnages qui incarnent des êtres qui ont vécu, mais qui ne sont plus. Qui ont eu des moments de joie, de bonheur, mais aussi de malheur. J’aime apprendre de nouvelles choses et m’immerger dans un monde qui n’est pas le mien, mais celui de mes ancêtres.
Tout a commencé lorsque…
…J’ai eu l’occasion d’animer un atelier à la médiathèque de Blamont (25) il y a quelques années à l’occasion de la Journée Internationale du Droit des Femmes. Sans grande surprise, j’ai parlé des femmes auteures à travers les siècles et du lien que certaines d’entre elles avaient avec l’autoédition, car je suis moi-même auteure autoéditée.
Des femmes auteures ont été citées sous leur nom de naissance et d’autres, sous un pseudonyme masculin (qui leur permettait une certaine légitimité et d’être lues par le plus grand nombre). La plus célèbre d’entre elles est George Sand. Mais connaissez-vous Acton, Currer et Elly Bell ? Les frères Bell sont, en réalité… les sœurs Brontë.
Cet atelier évoquait également les femmes dont les œuvres ont été volées par leur époux. Dans le domaine de la littérature, nous connaissons tous Colette. Pourtant, dans tous les domaines artistiques et scientifiques, des femmes se sont vues privées de reconnaissance pour leur travail, injustement attribué à une personne du sexe dit « fort »…
À ce sujet, le roman qui m’a le plus marqué a été Madame Einstein, de Marie Benedict, que je vous recommande chaudement.
Et alors ?
Alors je me suis dit : il y a quelque chose à faire avec tout ça, il y a moyen d'écrire un roman historique. Petit à petit, une intrigue s’est dessinée dans mon esprit. Je voulais créer une femme forte et courageuse, une auteure, mais sous quelle forme et dans quel genre ?
À partir de là, je vais faire très attention à ne pas vous spoiler mon roman (ce qui va rendre la rédaction de cet article encore plus ardue…), pour vous dévoiler mon processus d’écriture.
Au commencement :
La première chose à faire était de déterminer l’époque dans laquelle je voulais inscrire cette histoire. Au début, je pensais à la fin du XIXème siècle et puis j’ai cherché des événements intéressants survenus à cette époque. J’avais un personnage en tête, celui d’Aurore, mais les péripéties que j’imaginais ne me plaisaient pas des masses…
J’ai avancé dans le temps, jusqu’à la Première Guerre mondiale. Très rapidement, j’ai imaginé Aurore au service des soldats. J’ai imaginé une histoire d’amour interdite. Puis le milieu social de mon héroïne.
Ensuite :
Il a fallu qu’une partie de l’histoire s’encre au XXIème siècle pour qu’éclate la vérité. Alors, j’ai créé le personnage de Zoé, étudiante en lettres modernes qui a un mémoire de fin d’études à rédiger.
La création d’une double temporalité permet d’alterner les chapitres et de donner du rythme au roman. Chaque fin de chapitre « au présent » ouvre sur un événement vécu par Aurore, donc « au passé ».
D’ailleurs, je me suis amusée à écrire un roman dans le roman.
Troisième étape :
Les recherches. Vous vous en doutez, lorsque l’on écrit un roman historique, il faut être bien informé sur ce qui se faisait -ou non- à l’époque qui nous concerne. Sur les dates et les événements clés, les mentalités de l’époque, la manière d’être, de se vêtir, de se comporter, de s’exprimer, etc. Sans devenir historien pour autant (ni écrire en ancien français) car, pour conserver l’intérêt du lecteur, il faut romancer le tout. Mon objectif n’était pas d’écrire un manuel scolaire, mais une fiction inspirée de faits réels.
L’écriture :
Une fois que mes personnages et mon intrigue principale ont été crées et que les recherches nécessaires ont été effectuées, je me suis lancée dans l’écriture.
Personnellement, je suis jardinière, alors je ne travaille pas de plan chapitre par chapitre. Je sais d’où je pars, où j’arrive et comment j'y arrive. Cela me suffit. J’aime me laisser surprendre par mes personnages et ne pas fermer la porte aux idées qui peuvent surgir à tout instant.
Régulièrement, de nouvelles recherches sont nécessaires, car on a besoin d’une information particulière ou encore d’une anecdote. Dans mon cas, j’ai lu beaucoup d’articles publiés dans Le Bien Public entre 1914 et 1920. (Le site de la BnF est une mine d’or !). Je me suis aussi perdue dans la contemplation de photos, ou encore de vidéos. Je me suis égarée, et même si j’ai perdu du temps sur l’écriture, j’ai adoré cela !

Les relectures / corrections :
Après une phase de réécriture « standard » sur la cohérence du texte dans son intégralité, j’ai confié mon roman à Catherine Bolle, une amie auteure qui est aussi professeure d’histoire. Elle m’a été d’une grande aide, car elle a pointé quelques incohérences qui auraient faussé mon texte. Grâce à son regard professionnel, j’ai pu effectuer les corrections nécessaires et aussi avoir un retour objectif et avisé sur mon histoire.
Précisions aux lecteurs :
Avant de découvrir l’histoire d’Aurore et Zoé, le lecteur est averti qu’il s’agit d’un roman « librement inspiré de faits réels ». En salon, j’explique d’où m’est venue cette idée et surtout, quelles libertés je me suis octroyées.
C’est ainsi…
… Qu’a été publié L’œuvre de sa vie, mon quatrième roman (et mon premier roman historique) le 17 juillet 2025.
Voici le résumé :
Aurore de Boisière devient marraine de guerre aux hospices civils de Beaune en 1917. Un an plus tard, elle fait une promesse à un soldat qu’elle aurait aimé rencontrer dans d’autres circonstances : elle écrira un roman pour perpétuer la mémoire des hommes qu’elle a accompagnés tout au long de sa mission.
En 2023, Zoé choisit de se plonger dans les œuvres de Philippe de Boisière, le mari d’Aurore, pour son mémoire de fin d’études. Alors que le sujet semble manquer de profondeur, ses recherches vont prendre une tournure inattendue tandis qu’elle renoue avec un ami d’enfance.
« Avec beauté et fluidité, l’auteure nous fait voyager entre deux époques et nous emmène à la rencontre de deux protagonistes fortes et inspirantes, dont les combats autour de l’amour et de la place de la femme nous captivent jusqu’à la dernière page. »
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Car nous sommes tous différents, nous avons tous notre méthode pour travailler. C’est d’ailleurs ce qui rend nos romans uniques. Je vous invite, en commentaire, à partager votre méthode pour écrire un roman historique. Et vous êtes en pleine rédaction, quelles difficultés rencontrez-vous ?
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