Quand la magie de Noël m'inspire une petite histoire...
- Bérénice Vessot
- 23 déc. 2025
- 5 min de lecture
La semaine dernière, je me suis rendue à Montbéliard (25) pour profiter de la beauté des illuminations de Noël, mais aussi, du décor féérique - constitué de lanternes chinoises illuminées - installé sur l'esplanade du Château de Wurtemberg.
Cette visite, en compagnie d'enfants, a donné naissance à une courte histoire que j'ai eu envie de partager avec vous.
Et si vous vous laissiez porter par la magie de l'instant ?

La princesse du château de Wurtemberg et les lotus magiques
La nuit tombe sur la ville. Le ciel se pare de mille lueurs scintillantes. Des étoiles, par milliers, s’apprêtent à veiller sur le sommeil des habitants. Tous, petits et grands, ont, depuis le jour de leur venue au monde, une étoile qui les protège. Tous, sauf une. La princesse du château de Wurtemberg.
La princesse, lorsqu’elle était enfant, ne voulait pas se coucher. Quand venait le soir, elle se cachait sous ses couvertures pour lire. Lire encore et toujours. Lire jusqu’à ce que les premiers rayons du soleil la bercent et l’emportent dans le monde des songes.
Aussi, au fur et à mesure qu’elle grandissait, son étoile s'est éloignée de sa chambre. Sa chambre, c’est celle, tout en haut de la tour ouest du château. Au cœur de la nuit, une douce lumière, dorée, qui rappelle la chaleur du soleil, brille depuis la fenêtre.
Au loin, un prince, se laissait bercer par cette lueur. Elle l’accompagnait jusque dans ses rêves et, à ces occasions, il se voyait galoper jusqu’au château de Wurtemberg. Une jument blanche. D’un blanc aussi pur que de la neige, et aux poils d’une douceur sans pareille. Cependant, cette jument était née avec une particularité bien peu commune : une grande corne rosée ornait son front.
Une nuit, le prince eut envie de réaliser ses rêves. Ainsi, il fit préparer sa jument et prit la direction du château. Les sabots de sa monture frappaient les pavés de la ville, dont le bruit résonnait en écho derrière lui.
Le château se dressait, majestueux, sur les hauteurs de la ville. Le prince se sentait envouté par ce lieu qu’il présentait comme magique, alors qu’il n’y était jamais allé. Il avait seulement entendu l’histoire de la princesse, la seule à ne plus avoir d’étoile. Il était curieux de rencontrer cette jeune femme, dévoreuse de livres, et il voulait savoir si ce qu’on disait d’elle était vrai. Dotée d’une longue chevelure brune aux boucles rebondies et aux grands yeux, brun clair aux cils infinis, elle serait la plus belle fille du royaume.
Sa jument ralentit lorsqu’ils arrivèrent devant la grande porte en bois qui était ouverte, invitant les visiteurs de passage à prendre un peu de repos entre ces murs protecteurs. Le prince entra dans l’enceinte du château de Wurtemberg et continua son ascension jusqu’à atteindre l'esplanade.
Il fut stupéfait de découvrir des fleurs en papier de soie, illuminées. Elles étaient roses, oranges, jaunes, bleues et vertes. Toutes les couleurs les représentaient, tel un arc-en-ciel qui se serait répandu en poudre magique sur le jardin pour le colorer.
Il resta un moment, époustouflé face à ce spectacle de toute beauté. Son regard pétillait tandis que ses yeux reflétaient toutes ces nuances colorées.
Attirée par l’herbe grasse et humide, sa jument s’approcha de la pelouse pour en manger des brindilles qu’elle savoura après cette longue course. Pour lui permettre de se reposer, le prince mit pied à terre et s’approcha de cette lumière, celle qui éclairait la chambre de la princesse et qui ne lui avait jamais paru aussi pure, ni aussi chaleureuse ou encore accueillante.
Au loin, un carillon sonna. Un coup. Puis deux. Trois et ainsi de suite, jusqu’à douze. Il était minuit. Le silence revient tandis que, dans les arbres sous lesquels avancent le prince, les feuilles se mirent à remuer, puis une légère lumière éclaira le sol. Curieux, il leva la tête et découvrit, sur les branches, des oiseaux prendre vie au fur et à mesure que l’ensemble de leurs plumes se paraient de lumière.

Ces oiseaux, originaires de contrées lointaines et exotiques paraissaient tout aussi léger que l’air. Pourtant, ils bougeaient, se remuaient, se secouaient, battaient des ailes, jusqu’à prendre leur envol.
Ils ne s’éloignèrent pas, au contraire, ils tournaient au-dessus du jardin du château et ils se posaient, chacun leur tour, sur le bord de la fenêtre de la princesse dont la douce voix, portée par le vent, caressait les oreilles du prince. Elle prononçait, un à un, les prénoms des oiseaux. Elle les saluait et il semblait même, qu’elle les caressait.
Le prince, subjugué par ce spectacle irréel et magique, n’avait pas encore remarqué que, à côté de lui, les fleurs s’ouvraient et dansaient. Les lotus s’animaient. Leurs pétales se déployaient et libéraient une poudre dorée accompagnée de rires mélodieux. Le prince, sans en avoir jamais vu, savait qu’il s’agissait de fées. Lorsque minuit sonnait, elles se réveillaient et volaient, à leur tour, jusqu’à la chambre de la princesse.
D’ailleurs, celle-ci savait qu’un inconnu se trouvait là, juste en bas. Intriguée par cette visite nocturne inattendue, elle descendit de sa tour. La fraicheur de la pierre des escaliers montait en elle. Elle se sentait vivante et elle présentait que cette nuit serait particulière, qu’elle ne ressemblerait à aucune autre.
La princesse aperçue, au loin, l’inconnu se rapprocher de ses fleurs. Ses lotus aux couleurs douces, qui abritaient, tout le jour, ses amies les fées, avec lesquelles elle prenait plaisir à discuter toute la nuit. Après tout, les années passant, elle était devenue, en quelque sorte, une fée, elle aussi.

La princesse, à la démarche aussi légère qu’un nuage, s'il en avait une, s’approcha du prince qui ne l’entendit pas. Il sentait une présence, simplement. Une présence qui répandait amour et bonheur. Ces sentiments grandissaient en lui. Aussi, ne fut-il guère étonné lorsque la princesse se pencha, comme lui, au-dessus du cœur du lotus.
Des notes joyeuses de musique en sortaient. Les fées dansaient et s’amusaient. Sans un mot, la princesse glissa sa main dans celle du prince et le tira pour l’entraîner dans une valse. Ils tourbillonnaient, au cœur du jardin et ils riaient aux éclats.
Le rythme de la musique changeait en fonction des battements de leurs cœurs, permettant, ainsi, un peu de répit et de repos à ces âmes fatiguées, mais heureuses.
Lorsque les premiers rayons du soleil firent une timide apparition sur l'esplanade du château, les fées retournèrent dans les lotus qui refermèrent sur elles, leurs pétales en gage de protection.
Les oiseaux regagnèrent leurs nids avant de s’éteindre, pour s’endormir, jusqu'aux prochains douze coups de minuit.
Après un échange de regards et de sourires, la princesse s'éloigna du prince, leurs doigts restant entrelacés jusqu’au dernier moment. Avant qu’elle ne se retourne et qu’il ne remonte sur sa monture, ils se firent la promesse de se retrouver ici, à la nuit tombée, pour danser et s’aimer à nouveau.
(*Cette courte histoire a été écrite sur l'instant. Elle ne bénéficie pas du même travail éditorial que mes romans).
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